Pour les fiches d’élevage son disponible en pdf T.Gracilis / T.Novaeguineae
PRESENTASION DE L’ESPECE TRIBOLONOTUS
Cette espèce çi fascinante et peu connu
Scinques crocodiles, biologie & terrariophilie


Classification
Règne : Animalia
Embranchement : Chordata
Sous-embranchement : Vertebrata
Classe : Reptilia
Sous-classe : Lepidosauria
Ordre : Squamata
Sous-ordre : Sauria
Infra-ordre : Scincomorpha
Famille : Scincidae
Sous-famille : Egerniinae
Les Tribolonotus, communément appelés scinques crocodiles, sont un genre de reptiles fascinants et encore peu connus. Leur nom vient de leur apparence unique, rappelant celle de petits crocodiles, grâce à leurs quatre rangées d’ostéodermes dorsaux et leurs plaques crâniennes osseuses.
Diversité du genre
Le genre Tribolonotus comprend entre 8 et 10 espèces décrites, dont les principales sont :
Tribolonotus annectens
Tribolonotus brongersmai
Tribolonotus gracilis
Tribolonotus parkeri (récent)
Tribolonotus pseudoponceleti
Tribolonotus blanchardi
Tribolonotus choiseulensis (récent)
Tribolonotus novaeguineae
Tribolonotus ponceleti
Tribolonotus schmidti
Diversité & espèces
Le genre Tribolonotus présente une remarquable diversité en termes de taille, de morphologie et de stratégies reproductives. Voici un aperçu des espèces principales :
T. gracilis (Scinque crocodile aux yeux rouges) :
Taille :16 ‒20 cm ;
Origine : Indonésie & Papouasie
Caractéristiques : Corps sombre avec crête dorsale,
anneau oculaire rouge vif.
Ovipare ( 1 œuf par ponte).


T. novaeguineae (Scinque crocodile aux yeux blancs) :
Taille :8‒10 cm ;
Origine : Papouasie & Îles Salomon. Caractéristiques : Plus petite que
T. gracilis, sans anneau oculaire rouge, ventre jaune, ostéodermes moins marqués.
Ovipare ( 1 œuf par ponte).
T. blanchardi (Scinque à casque) :
Taille : 8‒9 cm
Origine : Îles Salomon (endémique) Caractéristiques : Tête en forme de casque.
Ovipare ( 1 œuf par saison).
Rare en captivité.


T. ponceleti et T. pseudoponceleti (Scinques géants épineux) :
Taille : 10‒15 cm (jusqu’à 25 cm pour les plus grandes)
Origine : Îles Salomon
Caractéristiques : Corps très épineux, crêtes dorsales remarquables.
Ovipares.
Rare en captivité
T. schmidti (Scinque de Schmidt) :
Taille : 7‒8 cm
Origine : Île Guadalcanal
Caractéristiques : Unique espèce vivipare du genre.
Rare en captivité

T. annectens, T. parkeri, T. brongersmai, T. choiseulensis :
Taille : 10‒18 cm
Origine : Papouasie ou îles spécifiques
Caractéristiques : Moins étudiées en captivité,
généralement ovipares
La plupart des Tribolonotus sont ovipares avec un seul œuf par ponte, à l’exception notable de T. schmidti qui est vivipare. La diversification des espèces a été favorisée par l’isolement insulaire et les variations du niveau marin.
Anatomie, dimorphisme & adaptations
Les Tribolonotus possèdent une morphologie unique qui leur confère une apparence de petit dragon ou de crocodile, et des adaptations remarquables pour leur survie.
Morphologie générale
Leur corps est allongé et recouvert de quatre rangées d’ostéodermes hérissés, formant une véritable armure protectrice. La tête est triangulaire avec un museau élargi et une crête osseuse. Des plaques crâniennes ossifiées protègent également le crâne.
Ostéodermes & armure


Les ostéodermes, ces plaques osseuses dermiques, ne servent pas uniquement de protection contre les prédateurs. Ils limitent également l’évaporation de l’eau, ce qui est crucial dans leur habitat humide, et constituent une réserve de minéraux. Associés aux plaques crâniennes, ils donnent cette apparence caractéristique de petit crocodile. Il est intéressant de noter que ces structures sont à l’origine de la biofluorescence verte ou bleue observée sous lumière UV.
Glandes cutanées & biofluorescence
des glandes sur les mains, les pieds et l’abdomen sécrètent probablement des phéromones ;
sous UV, la tête, les yeux et la gorge brillent en vert ou bleu et servent de signaux de communication entre individus.
[Note] Biofluorescence : phénomène documenté (2024) ; intensité variable selon individus/populations.

Dimorphisme sexuel

les mâles sont plus robustes avec une tête plus large, présentent des pores fémoraux bleutés sur le 3e–4e (parfois 5e) doigts des pattes postérieures et une plaque ventrale élargie ; l’anneau oculaire rouge apparaît à la maturité chez T. gracilis.
Femelles : Plus fines et ne possèdent pas de pores fémoraux.
Adaptations & défenses
Les Tribolonotus ont développé plusieurs stratégies de défense :
Autotomie caudale
Leur queue est autotomisable, c’est-à-dire qu’elle peut se détacher facilement pour distraire un prédateur. Elle repousse ensuite lentement.
Apnée & peau hydrophobe
Grâce à leur peau hydrophobe, ils peuvent rester en apnée sous l’eau pendant plusieurs minutes, une adaptation utile pour échapper aux prédateurs ou se cacher.
Thanatose
En cas de menace, ils peuvent pratiquer la thanatose, c’est-à-dire faire le mort, en se figeant et en restant immobiles.
Signaux d’avertissement
Leur biofluorescence et leurs épines dorsales peuvent servir de signaux visuels d’avertissement pour dissuader les menaces.
Signaux sonore et morsure
Certain tribolonotus poussent un petit cris aigu et morde. On vois sa souvent pour la protection de l’œuf.
Systèmes sensoriels & perception
Les Tribolonotus possèdent des systèmes sensoriels adaptés à leur mode de vie crépusculaire et nocturne, leur permettant de percevoir leur environnement et de communiquer efficacement.
Vision & UV
Actifs en faible luminosité, ces scinques sont dotés de cônes sensibles aux UV, leur permettant de percevoir la biofluorescence de leurs congénères. Un éclairage UVB modéré (UVI 1 ‒2) est indispensable en captivité pour leur métabolisme du calcium, même s’ils sont principalement nocturnes.
Olfaction & organe voméronasal
Chez les Tribolonotus, la langue bifide et l’organe voméronasal (Jacobson) assurent la chémo-détection par tongue-flicking (transfert de molécules au VNO), tandis que l’olfaction principale traite surtout les volatils. Le genre possède des pores volaires (palmaires/plantaires, souvent sur les doigts des pattes postérieures, surtout chez les mâles) et une paire de glandes abdominales (présentes dans les deux sexes). Ces structures sont très probablement impliquées dans la communication chimique, mais leur rôle précis (territorial/sexuel) n’est pas encore démontré expérimentalement pour le Tribolonotus. »
Audition & perception des vibrations
Bien que l’oreille externe soit absente, les Tribolonotus détectent les sons grâce à leur oreille interne.
Ils sont également très sensibles aux vibrations du sol, un sens crucial pour la détection des prédateurs et
des congénères dans leur environnement naturel.
Signaux visuels
La communication visuelle est importante, notamment chez les mâles qui gonflent la gorge, exhibent leur anneau oculaire rouge (chez T. gracilis) et utilisent la biofluorescence de la tête et des yeux pour communiquer sous une lumière faible. La couleur du ventre et la posture peuvent également signaler l’état d’excitation ou d’alerte.
Communication sonore & sociale
Les Tribolonotus ne sont pas silencieux. Ils utilisent des cris stridents, des grognements et des sifflements lors des interactions sociales ou en situation de défense. Ces scinques vivent en petits groupes familiaux et leur odorat développé joue un rôle essentiel dans la reconnaissance des membres du groupe.
Habitat naturel & écologie
Comprendre l’habitat naturel des Tribolonotus est essentiel pour recréer un environnement adapté en captivité.
Écosystèmes
Ces reptiles habitent les forêts tropicales humides de basse altitude, les marécages, les mangroves et
même les plantations de cocotiers. Ils sont semi-fossoriaux,
ce qui signifie qu’ils passent une partie de leur temps sous terre ou cachés.
On les trouve souvent dans la litière de feuilles mortes, sous les racines et les troncs pourris, les rochers moussus et
toujours à proximité de sources d’eau.



Climat & micro-habitat
Leur environnement est caractérisé par un climat équatorial stable, avec des températures variant entre 24-30°C. L’humidité est très élevée, allant de 70 à 100 %, avec de faibles amplitudes diurnes et de fortes pluies. Ils sont présents de 0 à 600 mètres d’altitude, privilégiant les plaines alluviales et les forêts secondaires. La brume matinale et la présence de sources d’eau sont essentielles à leur survie.
Activité & locomotion
Les Tribolonotus sont principalement crépusculaires et nocturnes. Ils passent la journée cachés et sortent au crépuscule pour chasser. Bien qu’ils se déplacent lentement sous la litière, ils sont capables de grimper sur des branches et de nager. Certaines populations, notamment celles vivant dans les plantations, peuvent montrer une activité diurne.
Régime et comportements
Ce sont des insectivores stricts, se nourrissant de vers, grillons, blattes, orthoptères, larves, isopodes et limaces. En cas de menace, ils peuvent se figer, pratiquer la thanatose, l’autotomie caudale, ou utiliser leur peau hydrophobe pour rester immergés.
Leur espérance de vie est de 5 à 12 ans, avec une maturité sexuelle atteinte vers 3-4 ans.
Adaptabilité & menaces
Certaines populations ont montré une capacité à coloniser les plantations de cocotiers et les jardins, malgré la déforestation. Cependant, ils restent dépendants des micro habitats humides. Le manque de données précises sur leurs populations rend difficile l’estimation de leurs effectifs et l’évaluation de leur statut de conservation.
Maintenance en captivité
La maintenance en captivité des Tribolonotus demande une attention particulière
pour reproduire au mieux leur environnement naturel.
Dimensions de l’enclos
Pour un bébé :
40 x30 30 cm
Pour un individu :
60 × 45 × 45 cm
est un minimum.
Pour un couple :
100 x 60 x 60 cm
est un minimum.
Un volume supérieur est toujours préférable pour favoriser l’activité et le bien-être de l’animal.
Substrat & bioactivité
Utiliser un mélange de 60 % de terre organique et 40 % de fibre de coco sur une épaisseur de 5 à 15 cm. Recouvrez ce substrat d’une litière de feuilles mortes. Pour créer un substrat vivant et favoriser le recyclage des déchets, introduisez des collemboles et des cloportes.

| Paramètre | Jour | Nuit | Notes |
| UVI (Zone 1) | 0,7–1,4 | — | Mesurer au point d’exposition (Solarmeter) |
| T° point chaud (°C) | 27–28 | — | Point dis cret, non généralisé |
| T° zone fraîche (°C) | 24–26 | — | 22–26 pour T. novaeguineae |
| T° nuit (°C) | — | 20–24 | Baisse progressive |
| Humidité (%) | 70–85 | 80–100 | Brume nocturne OK |
Alimentation & nutrition
Régime insectivore : proposer une grande variété de proies (grillons,cafards,
criquets,blattes, vers de farine, vers de terre, vers de cire, termites, limaces, escargots et crustacés);
choisir des proies adaptées à la taille de l’animal et effectuer un gut‑loading des insectes (chargement intestinal d’insectes)
.

Fréquence & portions :
les juvéniles sont nourris quotidiennement, tandis que les adultes reçoivent 2 à 3 repas par semaine ; retirer les proies non consommées pour éviter la prolifération de moisissures ; ajuster la ration pour éviter l’obésité.
Microfaune & hydratation :
un substrat bioactif hébergeant collemboles et cloportes aide à recycler les déchets et constitue une source de nutriments pour les juvéniles ; laisser une coupelle d’eau peu profonde pour boire et se baigner et pulvériser régulièrement pour maintenir l’humidité.
Suppléments :
saupoudrer les proies de calcium sens D3 à chaque repas et offrir un complément multivitaminé une à deux fois par semaine pour prévenir les maladies métaboliques ; ajuster le rapport Ca/P selon les proies utilisées.
Conseils supplémentaires :
éviter les proies sauvages pouvant transmettre des parasites ; varier les proies pour fournir un apport nutritionnel complet ; surveiller régulièrement l’état corporel de l’animal et ajuster l’alimentation en conséquence.
Reproduction, parentalité & socialité
Anatomie & stratégie :
la femelle possède deux ovaires mais un seul oviducte fonctionnel ; la plupart des espèces sont ovipares et pondent un œuf unique à coquille souple, tandis que T. schmidti est vivipare.
Incubation & soins parentaux :
l’œuf d’environ 2 cm incube 65–85 jours à 23–27 °C avec une forte humidité ; la femelle enroule son corps autour de l’œuf et le mâle garde les environs ; après l’éclosion, les parents nourrissent et protègent le jeune pendant 1–2 semaines.
Cycle & parades :
la reproduction a lieu pendant la saison humide ; la femelle peut pondre 5–6 œufs par an avec un intervalle de 5–6 semaines ; le mâle gonfle la gorge, exhibe ses pores et vocalise pour courtiser la femelle, qui creuse un nid peu profond sous une cachette.
Socialité & maturité :
les skinks crocodile vivent en groupes familiaux (un mâle, 1–1voir 2 femelles et leurs jeunes) ;
les juvéniles restent jusqu’à la maturité (3–4 ans) ;
les mâles présentent des pores fémoraux et une plaque ventrale, et l’anneau oculaire rouge apparaît à la maturité.
Espèces principales & comparaisons
Une comparaison des espèces les plus courantes en terrariophilie permet de mieux comprendre leurs spécificités et leurs besoins.
comparaison
T. gracilis

T. novaeguineae

| Caractéristique | Tribolonotus gracilis (Scinque crocodile aux yeux rouges) | Tribolonotus novaeguineae (Scinque crocodile aux yeux blancs) |
| Taille | 16-20 cm | 8-10 cm |
| Apparence | Crête dorsale épineuse, anneau oculaire rouge | Plus petite, pas d’anneau oculaire rouge, ventre jaune, ostéodermes moins marqués |
| Activité | Nocturne, insectivore, semi fossorial | Nocturne, insectivore, semi fossorial |
| Comportement | Moins timide | Plus timide, mieux adaptée aux plantations de cocotiers |
Paramètres d’élevage
| Paramètres | T. gracilis | T. novaeguineae |
| Terra bébé cm | 40 x 30 x 30 | 40 x 30 x 30 |
| Terra 1 individu cm | 60 x 45 x 45 | 80 x 60 x60 |
| Terra couple cm | 100 x 60 x 60 | 120 x 60 x 60 |
| Temp zone chaude °C | 27-28 | 24-26 |
| Temp zone Fraiche °C | 24-26 | 22-26 |
| Temp Nuit °C | 22-26 | 20-22 |
| Humi jour % | 70-80 | 70-90 |
| Humi Nuit % | 80-100 | 70-90 |
| UVB | UVI 1-2 | UVI 1-2 |
Les deux espèces nécessitent de nombreuses cachettes, un substrat profond et un éclairage UVB faible.
Autres espèces
T. blanchardi (8‒9 cm) :
Caractérisé par une tête en forme de casque.
T. ponceleti et T. pseudoponceleti (jusqu’à 25 cm) :
Les plus grandes espèces,
avec des crêtes dorsales très prononcées
T. annectens, T. brongersmai, T. parkeri, T. choiseulensis
(10‒18 cm) :
Moins étudiées en captivité,
la plupart sont ovipares,
sauf T. schmidti, qui est vivipare
Synthèse
La diversité des Tribolonotus en termes de taille, de morphologie et de stratégies reproductives témoigne de leur adaptation aux différents environnements insulaires. Cependant, toutes les espèces partagent une armure d’ostéodermes et des comportements de défense similaires
Santé, pathologies & prévention
La santé des Tribolonotus en captivité dépend d’une bonne hygiène et d’une prévention rigoureuse.
Pathologies courantes
Pathologies courantes Les Tribolonotus peuvent être sujets à diverses affections :
-Parasites intestinaux : Coccidiose et autres parasites.
-Infections bactériennes : Causées par des bactéries comme Aeromonas ou Mycobacterium.
-Maladies métaboliques des os (MBD) : Souvent dues à une carence en calcium ou en UVB.
-Infections respiratoires : Fréquentes en cas d’humidité ou de température inadaptée.
-Infestations : Acariens ou champignons.
Stress & mortalité
Le stress est un facteur majeur de mortalité. La capture, le transport, un mauvais conditionnement (froid, chaleur, humidité inadaptée) et les manipulations répétées fragilisent leur système immunitaire. Les spécimens sauvages, en particulier, succombent souvent à des septicémies mixtes
Signes cliniques
Soyez attentif aux signes suivants, qui nécessitent une consultation vétérinaire spécialisée :
-Perte d’appétit, amaigrissement -Diarrhée -Léthargie
-Respiration sifflante, écoulement nasal
-Déformations osseuses
-Mues incomplètes-Présence d’acariens
Préventions
La prévention est la clé
-Maintenez des températures et une hygrométrie adaptées.
-Offrez un gradient thermique et de nombreuses cachettes.
-Assurez une alimentation variée et supplémentée en calcium et vitamines.
-Limitez les variations brutales de l’environnement.
-Maintenez une hygiène rigoureuse : substrat renouvelé régulièrement, accessoires désinfectés.
Quarantaine & soins
Isolez tout nouvel individu pendant 40 à 60 jours. Effectuez un examen coproscopique pour détecter les parasites et traitez-les si nécessaire. En cas de maladie, consultez impérativement un vétérinaire spécialisé NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie) pour un diagnostic précis et la prescription d’antibiotiques ou antiparasitaires adaptés (ex : enrofloxacine, ceftazidime, fenbendazole, toltrazuril). Ne jamais soigner un reptile soi-même sans avis médical.
